Dream Coat (IV)
Lieu
Le Commun
Rue des Vieux Grenadiers, 10
1205 Genève
Date – Dim 01.11.26
15h & 17h30
Durée – env. 20′
2025 — 10 sculptures textiles en coton, teinture et éléments de mercerie, 150 × 20 × 150 cm chacune. Première suisse. Performance avec les étudiant·es du Ballet Junior de Genève.
Avec Dream Coat, Nefeli Papadimouli imagine un ensemble d’objets hybrides, à la frontière du vêtement, de la peinture et de la sculpture. Pensées pour être manipulées, portées et transformées, les pièces composent un dispositif évolutif dont la forme n’est jamais définitivement fixée.
Réunies dans l’espace, les dix sculptures dessinent une constellation de formes et de couleurs qui évoque le mouvement des astres et le passage du jour à la nuit. Leur dimension picturale fait écho aux recherches des avant-gardes du début du XXe siècle, tandis que l’œuvre entretient un dialogue particulier avec l’univers d’Etel Adnan, dont les formes, les paysages mentaux et les rapports entre couleur et perception constituent une importante source d’inspiration.
Le titre renvoie également au territoire du rêve. Celui-ci apparaît comme un lieu de circulation entre les imaginaires, les souvenirs et les expériences, où les histoires personnelles peuvent rejoindre celles des autres. La référence à la mythologie grecque — notamment à Orphée, figure liée à la musique et au pouvoir du chant, ainsi qu’à Hypnos, incarnation du sommeil — renforce cette dimension de passage entre différents états, entre présence et absence, veille et sommeil.

L’œuvre prend toute son ampleur lorsqu’elle quitte le registre de l’objet pour devenir une expérience collective. Conçue à partir de séances de « dreamstorming » réunissant amateur·rices et professionnel·les, la performance s’élabore à partir de récits oniriques partagés. Les rêves deviennent alors une matière commune, permettant de faire émerger des souvenirs, des gestes et des images qui appartiennent à la fois à chacun·e et au groupe.
Portées par les danseur·euses du Ballet Junior de Genève, les sculptures se mettent en mouvement et changent de statut. Le textile devient extension du corps, surface mobile et partenaire de danse. Les gestes proposés font apparaître des mouvements collectifs, circulaires et continus, qui rappellent aussi bien La Danse d’Henri Matisse que les rotations des derviches-tourneurs.
Dream Coat se construit ainsi dans l’intervalle entre œuvre et action : une sculpture qui ne se révèle pleinement qu’à travers les corps qui l’activent, et une performance qui fait de l’expérience partagée le véritable matériau de l’œuvre.